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mercredi 2 janvier 2019

Dictionnaire des révélations / Guy Bechtel, Jean-Claude Carrière.


La fraude fiscale envisagée sous son aspect médical, la personnalité affective des ordinateurs, la vente des machines à coudre dans les pharmacies, la « moon sentence », la restitution par la Grande-Bretagne de King Kong à la Chine (et oui !)  et autres extravagances dans ce , -c’est vraiment trop tentant de recopier le titre intégral- Dictionnaire des révélations historiques et contemporaines contenant des paradoxes sociaux et politiques, des errata de l’histoire, des inventions osées, des doutes, des secrets, des prédictions sur le passé comme sur l’avenir avec des élucubrations, des silences, du vrai, du faux, de l’entre-deux et ici et là quelques balivernes. Point final.

mercredi 11 avril 2018

Les coulisses de la République du vent / Olivier Douzou


Ça commence par République du vent d’Olivier Douzou, un album pour les enfants, noir, beigeasse, vert caca d’oie. Puis, vient Les coulisses de la République du vent ; le texte de l’album y est repris en version « comprimée » accompagné de nouvelles illustrations orangées, vertes amande, jaunes paille, palette de couleurs pastel pour faire avaler aux enfants que nous sommes les adultes que nous serions, sauf le dimanche, lundi et jours de fêtes : des travailleurs aux bras longs, classés force 8,surveillés par la patrouille des Zélés, parlant le copeau. Rien ne vous oblige à ne pas y croire.

vendredi 9 octobre 2009

pluie et vent / abbas kiarostami

Premières images du « Temps qu’il reste », le troisième long-métrage d’Elia Suleiman : un homme sur le siège arrière d’une voiture, de retour d’exil, un pare-brise submergé par l’orage, on n’y voit goutte.
Ces images réveillent en moi celles du livre « Pluie et vent ». où un homme prend des photos depuis l’habitacle d'une automobile, à travers le filtre du ruissellement de la pluie dense sur les vitres.
L’homme c’est l’iranien Abbas Kiarostami, lui-même cinéaste, qui s’enfuit de Téhéran et réussit à produire des photos prises à la volée parfaitement réfléchies. Les paysages défilent et on ressent l’éloignement -physique et mental- de la ville épaisse vers une campagne nue, mouvement soutenu par un aller et retour subtil de la couleur au noir et blanc.
Ce voyage forcé est là pour « Nous éloigner de notre univers personnel (…) pour nous rapprocher de la grandeur de la nature (…) Le vent emporte nos tourments ». Et de tourner les pages, pour tourner la page.

vendredi 24 juillet 2009

revue triages, anthologie 2009

il est important d'être Constance

lu du bout des yeux vu le tréfonds gênée mais j’ai frappé avant d’entrer désolée mais tu m’as ouvert embarrassée mais je retournerai bientôt dans ta maison de mots j’éviterai la chambre à coucher


jeudi 23 juillet 2009

tout ce pourquoi est de sel / thierry metz

Thierry Metz n’est plus là. Et pourtant Thierry Metz est encore là.
Publié à titre posthume, Tout ce pourquoi est de sel est né d’une rencontre avec le peintre Marc Feld.
Courts poèmes et peintures à l’huile nous racontent la couleur, le partage, l’intime, l’universel.
Confirmé par des notes de bas de page annonçant le manuscrit incertain, le bel achevé d’imprimer « dans cette même ville qui eut ton dernier mot » nous rappellent l’absence.
Ce qui arrache nos vies nous arrache à la vie.
Une sensation physique : le visage pâle, les frissonnements, le déchirement, le mal au cœur. Tranchante. Aiguë. Saillante.
Tout ce pourquoi je lis de la poésie.
J’aurais aimé lui dire de vive voix. Ce que je fais.

peintures de Marc Feld
du même auteur : Un homme qui penche

mercredi 22 juillet 2009

la plus grande civilisation de tous les temps / jean-luc caizergues

Jean-Luc Caizergues a des ciseaux à la place des yeux et un regard sur le monde qui tue. Qu’ il lise des journaux ou des œuvres romanesques, il coupe à vue sans autre forme de procès dans tout ce qui se raconte.
Il cisaille, élague, tranche, taille ou débite de la fiction et du fait divers pour révéler à son tour un nouveau décor en trois parties (On va tuer Adams, La plus grande civilisation de notre temps, La fin du noir) pour le théâtre permanent qu’est notre civilisation.
Et nous, lecteurs, dans un éclat de clairvoyance, d'entreprendre de séparer les matériaux pour retrouver la substance originale et s’amuser à débusquer des extraits d’œuvres de Loti, Daudet, Radiguet, ou Mérimée… voire Apollinaire, qui sait ? et lire dans le propos de Jean-Luc Caizergues ce qui ne nous avait pas saisi dans les leurs.

jeudi 9 octobre 2008

dites-lui aux dahlias aux crapauds et aux chiens / catherine mafaraud-leray. - L'idée bleue, 2005

Le corps malade, amant, aimant ou mourant ; cette énumération synthétise les quatre parties du livre de Catherine Mafaraud-Leray dans lequel on entre comme dans une chambre d’hôpital. Face à la blancheur néon de la page et à l’écriture vive des Ardoises assassines, on s’en veut d’avoir oublié les fleurs. On pallie le manque par un sourire embarrassé, on sort sur la pointe des pieds à la lecture de poèmes dédiés, on revient après un bol d’air et on reste jusqu’à la nuit pour entendre l’auteur s’agiter :
… / Regardez-la / Elle va tel un goret / Patauger l’être / Ecarteler ses sphères / Imbiber de goudron / Ses ultimes repères / Y pondre indifférente / Des cafards et des hyènes / Elle n’a rien demandé / Ni l’endroit ni le temps / Ni pourquoi cette saleté /…
Après une nuit passée à rêver sans ménagement, on visite cette Femme en bleu et devant, femme aérienne, femme aérée qui écrit … pour les femmes à paupières / Pour celles que les dés / N’importe où défigurent / Au poignard d’une voix ignorée / Jusqu’au dépeçage jusqu’au carnage / Tel le linge qui n’a plus à sécher / …
Les poèmes biographiques éclatants des Epures disloquées puis l’ardent journal poétique D’en vivre nous mènent vers une fin sans reddition jusqu’au point ultime: … / Laissez-nous l’exemple d’un chagrin / Un minuscule à consoler.

vendredi 12 septembre 2008

ici on parle flamand & français : une fameuse collection de poèmes belges / francis dannemark

Ainsi que le suggère la couverture –une poignée de chocolats-, c’est un assortiment de poèmes belges d’expression française et néerlandaise (traduits) que nous donne à déguster Francis Dannemark.
Vous pourrez passer du sucré au goûteux, du suave à l’amer ou du parfumé au doux et, si la tentation est trop forte, prolonger le plaisir des sens par des merveilles acidulées, des délices croquants et des friandises glaciales.
Et, comme Jos De Haes, dire : « …J’en ai les papilles à feu et à sang… »

vendredi 5 septembre 2008

les heures / michael cunningham

L’écrivain, le personnage et lecteur, les trois entités qui font le roman se retrouvent personnages de fiction dans le livre de Michael Cunningham, prix Pulitzer et futur second long métrage du réalisateur de Billy Elliot, où l’auteur nous livre tout en finesse sa réflexion sur la mort et la création.Trois lieux, trois époques : l’Angleterre des années 20, Los Angeles 25 ans plus tard et New York aujourd’hui, et Mrs Dalloway, protagoniste du roman éponyme de Virginia Woolf, fil rouge qui relie les destins de Virginia, Laura et Clarissa, héroïnes du même livre sans partager une seule scène jusqu’à la fin de l’histoire où la pièce manquante parfait ce livre-puzzle.
Du même auteur : La maison du bout du monde, De chair et de sang

jeudi 4 septembre 2008

les humains / stéphane ferret

Visitant un zoo, le narrateur constate, avec étonnement, qu’il manque un spécimen humain et, le plus naturellement du monde, en fait part au directeur du zoo. Sidéré par son refus d’adhérer à sa proposition, notre homme décide de capturer un échantillon parfait lui permettant d’étudier, en scientifique, son comportement en captivité.Du narrateur, organisé et réfléchi ou du prisonnier soumis et combatif, qui est l’homme, qui est la bête ? A travers deux types narratifs, rapport d’observation et journal de détention, Stéphane Ferret nous expose une réflexion philosophique sur l’humanité et la part de bestialité qui nous habite.

mercredi 3 septembre 2008

pharricide / vincent de swarte

Ce poste de gardien de phare, Geoffroy le convoitait et c’est avec bonheur qu’il s’installe dans cet isolement, et pour des semaines, au large des côtes. Il a ses occupations : il cuisine, il élève des écrevisses et sa passion de la taxidermie le conduit à naturaliser les poissons. Il fait beau, la mer est calme. Le jour où un couple d’Anglais accoste, sa solitude contrariée annonce un avis de gros temps. Dans la tourmente, le sujet se déchaîne. Du rivage, un homme observe au télescope les dégâts de la tempête intérieure.Si l’envie vous prend, cet été, d’aller visiter le phare de Cordouan, sur l’estuaire de la Gironde, demandez au gardien son prénom.
Du même auteur : Requiem pour un sauvage, Le paradis existe

mardi 2 septembre 2008

l'homme-soeur / patrick lapeyre

L’homme-soeur vit seul. Pas de femmes, pas d’enfants. Bientôt, il perdra son travail et ses collègues qui lui servent d’amis. Mais l’homme-sœur a une sœur : c’est sa fortune et sa chance. Et c’est là tout le problème…

lundi 1 septembre 2008

le vélin / régine detambel

Le vélin est une peau de veau mieux préparée et plus fine que le parchemin ordinaire, ce qui la rend plus propre aux ouvrages délicats. C’est aussi le titre d’un roman de Régine Detambel qui nous rappelle que cette peau est celle d’un veau mort-né.Une mince peau de bébé qui recueille les tableaux miniatures de la vie de cette famille lorraine, tour à tour française et allemande. Un petit frère qui vécut ce que vivent les roses -et dont les épines piquent encore au cœur- que sa sœur première-née tentera de ressusciter.