Affichage des articles dont le libellé est des chansons. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est des chansons. Afficher tous les articles

jeudi 18 août 2022

Hors-pistes / Isabelle Mayereau

Qu’elle se réfugie dans le sucre roux, sherry brandy ou noix de cajou ou (ab)use du ramponneau, qu’elle évoque le bruissement du papier à cigarettes, observe le monde sans domicile fixe ou vive à l’heure des épices orientales et des mers chaudes, Isabelle Mayereau fait appel aux cinq sens ; dans « Hors pistes », comme dans tous ces disques.

Plus un sixième sens, un petit je ne sais quoi qui décale le propos, évite l’écueil, cueille la baie rare, marche sur le danger à pas feutrés, contourne l’obstacle à petits mots d’amour cruels et délicieux, offre  le grand écart. Un précis de vie, « de montées fracassantes en belles descentes hors pistes ».

 

lundi 23 février 2015

dimanche 15 mars 2009

alan bay

marqué au fer rouge d'une croix qui n'veut pas dire quoi

au propre comme au figuré la chaleur assaille

fier comme tu as l'air de rien en ces lieux obscurs

tu soignes le manque de savoir-plaire au vin de messe

l'hypothèse d'un sabotage n'est pas à exclure

contre tout ce qui est pour, épure ou est pur

les sentiments se distinguent portant l'uniforme

payé à l'heure tu échappes aux mailles du filet

le jour porte les fruits du conseil de la nuit

faire un enfant aujourd'hui il est bien trop tard

l'imprévision du temps maladie opportune

pour masquer la joie tu embrasses du bout des doigts

mercredi 18 février 2009

lettre d'amour

Tu dis que tu connais des fleurs qui poussent la nuit à l'abri des regards et des gens comme il faut quand tu dors en couleurs je ne suis pas du voyage même si tu profites de l'ombre de mes années pour étendre ton corps et souffler la bougie

Tes nuits sont sans effort c'est à moi qu'elles coûtent quand tes songes aux tons pâles narguent mes insomnies je déteste tes sommeils leurs habitants masqués qui me trompent je le vois à ton sourire d'enfant moi je rêve comme j'ai appris bien poli bien gentil

Tu éclaires le silence le tard te va si bien tu respires où vas-tu de ce pas régulier plus je te laisse aller et plus tu m'assombris je jetterai des pierres aux carreaux de la nuit pour qu'elle éclate enfin mais je perds du terrain à regarder dehors à épier tes sursauts à attendre le matin

C'est loin où tu t'endors.

lundi 27 octobre 2008

l'envers du décor

au rez-de-chaussée d'une vieille maison où courent les rats et les ragots tendue étendue sur le sol à bout de force à bout de vie puisque vous m'emmènerez un jour comme un paquet informe et lourd emmenez-moi à l'hôpital ou au couvent mais pas chez eux pas chez les fous enfermée la nature est morte le jardin du temps suspendu il ne reste que le délire pour combler le vide du lendemain puisque vous m'empêcherez un jour de prendre la vie par la taille avant de me laisser pour morte avant que cela vous rapporte laissez-moi gâcher le plâtre presser l'argile modeler la glaise ou la terre crue et envelopper de linge humide la tête de l'enfant mon enfant laissez-moi tyran fragile et domestique faire des pieds et des mains terminer corps et biens que personne n'entre plus jamais dans le deux-pièces du quai Bourbon qui porte encore plaque à mon nom

lundi 22 septembre 2008

dans les cours des écoles

Dans les cours des écoles à l'heure de la récré des enfants mélangés aux enfants métissés s'appliquent à appliquer dans un esprit de corps les principes de la vie qu'ils apprennent dans les livres et leurs formes encore molles font la ronde et s'accrochent.

Sous le préau les plus grands naïfs et innocents vifs d'esprit et de corps forment des angles saillants où tous leurs rêves s'écorchent les plus vieux au corps flou et les autres et leurs frères à l'avenir incertain et au passé trop lourd font le monde ou décrochent.

Quand plus tard et plus loin et grâce aux anticorps tous se croisent dans la rue les yeux fixés au sol dans le respect parfait des diagonales adultes ils forment des angles droits qui protègent du futur.

Pour que rien ne transpire de cette vie au long cours ils installent leur point de vue loin de la vie tout court dans un cercle trop rond d'où ils ne peuvent sortir quelque soit le rayon quelque soit la tangente.

Là-bas sous l'horizon des grands ensembles carrés ou cubes préparent le sol à l'image de la vie où plus tard s'allongeant les mêmes corps traceront des angles à peu près morts

samedi 15 mars 2008

elle ne parle pas elle ne rit pas, rien de ce qu'elle vit n'est aux éclats ; juste un sourire au coin des lèvres, un oui un non la fin d'une trêve.
quand on la regarde dans le bleu des yeux, on voudrait sentir la flamme jaillir du fardeau de sa vie ; elle voit pour nous -c'est un peu flou- le "haut-delà" des apparences.
elle dit qu’elle n’aime rien ni personne, que petites et grandes gens l’assomment ; elle ne veut plus s’attarder à combler le vide et le silence par des petites choses sans importance.
et depuis qu'elle cherche les réponses aux questions qu'on garde pour soi, elle a trouvé la solution aux libertés qu'on lui impose et, c'est ainsi, elle est entrée dans le soleil et s'est brûlée
maintenant qu'elle est de l'autre côté, on dit d'elle qu'elle était aimable mais qui, oui qui, l'aura aimée ?