samedi 4 juillet 2009

gardien du cimetière
aujourd’hui
et demain

assidûment

comme on garde la chambre
étendu

et tranquille
puisque quelqu’un veille

***

domicile fixe

érigée près du saule
une plaque en marbre
porte ton nom

pas de boîte à lettres
et plus de billets doux

propriétaire depuis peu
papiers en cours

sans chauffage
sans lumière
et en sous-sol

***

carrés longs

à plat dos
mains en croix
ou le long du bord

allées et venues
en silence

frais de garde

un dortoir
en quelque sorte
sans l’inquiétude crépusculaire

***

l’égarement

- et la récolte inconsistante
de l’abeille qui butine
sur des fleurs

en tissu –

me rassure
il te reste un peu de vie

***

tu dois
plus à l’envie
qu’à l’amour
la perpétuité
de ta concession

elle est
l’arme du crime

***

que c’est bien ainsi
un soulagement
une extrême fatigue

ça ira mieux demain
le repos
et l’oubli

tu auras une belle
tombe
fleurie en hiver

je pourrais vendre la maison
donner tes vêtements
jeter les livres
et refaire des photos

tu es heureux là où tu es

mais jamais
ne me disent
où je peux
te voir

***

nous te regardons
parce que nous n’avons personne d’autre
à regarder.

en face

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