gardien du cimetière
aujourd’hui
et demain
assidûment
comme on garde la chambre
étendu
et tranquille
puisque quelqu’un veille
***
domicile fixe
érigée près du saule
une plaque en marbre
porte ton nom
pas de boîte à lettres
et plus de billets doux
propriétaire depuis peu
papiers en cours
sans chauffage
sans lumière
et en sous-sol
***
carrés longs
à plat dos
mains en croix
ou le long du bord
allées et venues
en silence
frais de garde
un dortoir
en quelque sorte
sans l’inquiétude crépusculaire
***
l’égarement
- et la récolte inconsistante
de l’abeille qui butine
sur des fleurs
en tissu –
me rassure
il te reste un peu de vie
***
tu dois
plus à l’envie
qu’à l’amour
la perpétuité
de ta concession
elle est
l’arme du crime
***
que c’est bien ainsi
un soulagement
une extrême fatigue
ça ira mieux demain
le repos
et l’oubli
tu auras une belle
tombe
fleurie en hiver
je pourrais vendre la maison
donner tes vêtements
jeter les livres
et refaire des photos
tu es heureux là où tu es
mais jamais
ne me disent
où je peux
te voir
***
nous te regardons
parce que nous n’avons personne d’autre
à regarder.
en face
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